Le marathon de Varna

Vis ma vie de marathonien avant, pendant et après avoir franchi la ligne d'arrivée.


Ressenti avant la course

Alex : Moi ça va, je ne stresse pas pour la course, je me demande juste au bout de combien de temps mon genou va commencer à être douloureux.

J-1, j'essaie de rassurer du mieux que je peux Julie parce que je sais que les marathons la stresse. Je m'appuie aussi sur notre coach Jeffrey pour lui donner les derniers conseils avant le départ.


Julie : Les courses longues distances me font toujours douter même lorsque je respecte le plan d’entrainement, à chaque fois, je me demande si je vais réussir à courir ces 42.195km.

Pourtant, je vais m’élancer sur mon 4ème marathon donc en théorie, je sais à quoi m’attendre mais je sais que chaque course est différente alors comment sera celui de Varna?

J-1, il y a deux jours, j'ai effectué ma dernière sortie en solo, ça me plait de courir seule surtout avant une course comme ça je suis focus sur mes sensations, je prends aussi le temps de travailler mon mental, partie importante sur un marathon.

La veille d'un marathon c'est un peu comme la veille du bac, tu sais que t'as bien bossé mais tu peux tomber sur un sujet difficile, là c'est pareil, je peux mal dormir et avoir moins de force d'où l'importance du mental qui peut te booster sur les 40 bornes.


Pendant le marathon

Alex : Comme à mon habitude, je ne suis pas stressé par la course. Je visualisais les autres participants du marathon en guettant les dossards rouges, nos concurrents !

J'ai trouvé que l'organisation était légère pour un marathon d'une ville élue ville du sport 2019, on se serait plutôt cru à une corrida de quartier qu'à un marathon international.

Le point positif, le départ à l'heure.

Durant le premier tour, mon objectif était d'analyser le parcours. Je me suis vite rendu compte qu'il y avait peu d'ambiance sur l'ensemble du tracé du coup ça risquait d'être difficile pour le mental.

Après analyse, il y avait 5 points techniques à gérer sur ces 4 tours, l'avantage d'une course avec plusieurs boucles c'est que les deux premières seront faciles à gérer, le troisième tour au mental et le dernier la délivrance.

Au final, la douleur du TFL (bandelette ilio-tibiale) est arrivée beaucoup trop tôt, au 2ème kilomètre mais j'ai tout de même tenu jusqu'au 22km en voulant accompagner Julie jusqu'au 30ème sauf que la douleur a eu a pris le dessus.


Julie : La particularité de cette course est quelle se compose en 4 boucles de 10.5km, est-ce un avantage ou un inconvénient, ça je l'ai découvert au fur et à mesure des kilomètres.

Nous sommes partis tous les deux à l'allure qu'on s'était fixé soit 5'30/km pour tenter une arrivée en moins de 4h.


Au bout de 2km, Alex me dit qu'il souffre de la jambe du coup, je me prépare psychologiquement à effectuer certains tours seule et puis c'est mieux de s'arrêter plutôt que continuer pour encore plus se blesser et potentiellement être en arrêt pendant plusieurs semaines. Nous ne pouvons pas nous le permettre, nous avons de nombreuses autres courses qui nous attendent dans le reste de l'Europe, une année remplit de challenges !

Nous courions tout en discutant, je me suis rendu compte que malgré que nous faisions le marathon, nous doublions de nombreux semi-marathoniens, c'était plutôt positif.

Comme nous effectuions des boucles, nous avons été à un moment doublés par les futurs vainqueurs de la course, les kényans qui arrivaient à toute vitesse, imperturbables, pour le fun, j'ai essayé de les suivre sur quelques mètres pendant qu'Alex nous filmait.

L'état d'Alex se dégradait, je le voyait boiter de plus en plus et au 20ème kilomètre, il m'a dit de continuer la course seule. A ce moment-là, mon moral en a pris un coup, je me suis dit qu'il restait encore 2 tours à effectuer, qu'il commençait à faire chaud et que ce n'est pas sur l'ambiance que je pouvais compter. J'étais émue, les larmes me montaient aux yeux mais ce sont dans ces moments-là que des supporters m'encourageaint (en bulgare bien mais pas la peine de comprendre le ton y était!) alors je me ressaisissais et je continuais.


Du 20ème au 30ème, je me sentais seule sur terre, pas de coureurs autour de moi juste certains bénévoles qui donnaient de la voix, je savais que je pouvais compter sur eux jusqu'à la fin. Avant d'arriver sur la ligne d'arrivée pour la 3ème fois, j'ai croisé Alex, j'étais soulagée, il avait l'air de bien aller, il m’encourageât et m'a dit que chaque kilomètre me rapprochaient de l'arrivée. Au 30ème, j'ai eu envie d'arrêter, non pas à cause du mûr mais parce que le temps était long, de plus les muscles des jambes et des fessiers commençaient à se faire sentir. Mais je savais que je devais finir pour nous deux.


Du 31.5 au 42.195km, j'ai tout fait au mental qui lui oscillait entre excitation/euphorie avec un rythme assez soutenu, et le moral dans les chaussettes qui m'ont obligé à faire quelques pas en marchant. Puis 5km avant la fin, j'ai dépassé le runner en sac à dos que je suivais de loin depuis le début de la course et j'ai rejoins un suédois en me disant que j'allais suivre sa cadence jusqu'à la fin. Lors de la dernière montée, nous l'avons faite en marchant puis nous nous sommes mutuellement dit que nous finirions la dernière ligne droite en courant.

Les deux derniers kilomètres me paraissaient interminables pourtant je sais qu’après j'allais être délivrée. Alex m'attendait très certainement à l'arrivée alors je ne pensais plus à rien, je respirais et lancais mes jambes l'une après l'autre pour m'approcher au plus vite de la fin. Dernier virage autour de la fontaine, j'entendais Alex crier mon nom, j'ai allongé ma foulée (finalement j'en ai encore sous le pied !), j'ai doublé un runner et passé cette ligne en 4h07 minutes. Soulagement, j'ai réussi.


Après la ligne d'arrivée

Alex : Le plus pénible a été de rebrousser chemin en marchant jusqu'au point de départ pour récupérer nos affaires et me changer avant de rejoindre Julie a un point stratégique pour la rassurer sur mon état et l'encourage sur les deux derniers tours a effectuer.

Pour son dernier tour, je me suis positionné sur la finish line, malheureusement le temps m'a paru long parce qu'il y avait peu de participants, au total 76 runners.

Une fois que j'ai eu Julie dans ma ligne de mire, j'étais soulagé et ému de la voir et très fier de la voir accélérer, comme on se l'était dit le matin avant le départ, une centaine de mètres avant la fin.


Julie : Je viens de franchir la ligne d'arrivée en sprint parce que j'aime finir une course en utilisant mes dernières forces, peu importe si la course à été bonne ou mauvaise, il me reste toujours un peu d'énergie pour finir en beauté sur les derniers mètres.

Les spectateurs n'applaudissent pas mais j'ai entendu Alex, le supporter le plus important, donner de la voix alors j'ai tout donné pour qu'il soit fière de moi.

Je suis légèrement déçue en voyant le chrono à plus de 4h car j’espérais passer sous la barre mais là n'était pas l'enjeux, aujourd'hui mon challenge était de finir car cette médaille est la notre, celle des Runtrotters.


A J+1

Alex : Je vais me reposer, me masser afin de me remettre d'aplomb pour les prochaines courses dans les autres pays européens : Estonie, Pologne, Autriche, République Tchèque...

Julie : Je suis plus fière de moi aujourd'hui qu'hier. Comme me l'a dit un copain runner, un marathon c'est un exploit même si ça peut paraître banal sur les réseaux sociaux.


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Qui sommes-nous ?

Un jeune couple, Julie et Alexandre qui ont décidé de découvrir l'Europe en courant. De Paris jusqu'à Bucarest en passant par l'Italie et les Pays-Bas.

 

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