Schlegeis 3000 Trailrun

Notre concept de runtrip cette année est de courir une course dans chaque pays que nous traversons. En Autriche, nous avons opté pour un trail vue la géographie du pays, c’était tout à fait le moment. Bon, ce que nous n’avons pas remarqué en s’inscrivant c’est qu’il se trouvait en haute altitude. Alex, connaisseur de la montagne savait de quoi il en tournait mais pour Julie, la fille du plat pays, c’était un concept très flou.

Voici en détail cette course de folie.


Jeudi soir – arrivée sur place

Nous décidons de prendre un peu d’avance en arrivant deux jours avant la course.

La route de Ginzling jusqu’au point de départ de la course à Schlegeis est comment dire, pas évidente entre le feu pour réguler la circulation, les pentes super raides, les routes à une voie et en lassées ainsi que les tunnels étroits. Puis après quelques minutes de route, nous arrivons sur l’immense barrage qui annonce l’arrivée, ouf parce que Poland n’appréciait pas du tout le chemin.

Le parking est immense, nous choisissons une place avec une belle vue, en même temps, tout est beau ici entre l’eau du barrage bleu turquoise, les montagnes gigantesques en partie enneigées et le ciel bleu avec des nuages épais en dégradés de blanc et gris.

C’est en s’installant que nous nous sommes rendu compte que le brief était à Ginzling le lendemain après-midi, il fallait donc refaire le chemin inverse…


Vendredi – jour de brief

Nous retournons donc en ville pour récupérer nos dossards et assister au briefing, quand on parle de briefing, on sent que la course va être costaud !

15h30, les dossards en poche, nous devons attendre 19h pour le briefing, bon, nous pensions faire autre chose de notre journée que de poireauter mais on nous a fait comprendre qu’il était important d’y assister.

19h, nous assistons au briefing qui en fait n’était pas le notre mais celui de la course plus longue de 33 km avec 2400 mètres de dénivelé, il vaut mieux avoir plus d’informations que pas assez.

19h45, notre briefing plus succinct qui permet de prendre connaissance du parcours, des difficultés et des outils d’urgence mise en place si nécessaire.

20h, pasta party avec une petite binouse comme ça, pas besoin de se faire à manger.

21h, de retour au barrage pour se reposer avant la course.

Il a plu toute la nuit de façon très intense en espérant que le lendemain soit plus calme.


Samedi – jour de course

7h – réveil avec un check du matériel à 8h30, une entrée dans le sas à 8h50 sur le barrage et un départ à 9h.

Nous avons prévu des vêtements chauds, polaire, bonnets et gants parce que dès le matin, il faisait 6 degrés et nous savions pertinemment que plus nous allions monter et plus il ferait frais.

9h – le canon retentit, nous savons qu’il y a environ un kilomètre sur du bitume alors nous nous lançons un peu rapidement pour gagner quelques places. Malheureusement, très rapidement Julie ressent des difficultés à respirer causées par l’altitude, quand c’est la première fois, c’est flippant. Puis au bout d’une bonne demi-heure, elle s’y fait et peu reprendre un rythme plus soutenu.

Du départ au premier ravitaillement.

Nous grimpons pas mal. 400 mètres de dénivelé sur 4km. Nous avons la pêche, ça passe plutôt bien.

Plus nous montons et plus les paysages sont incroyables, les nuages, les montagnes, la neige au sommet…Nous prenons le temps de faire des photos pour immortaliser le moment.

Premier ravitaillement et check point des dossards, l’organisation est carrée pour ne pas laisser de coureurs dans la nature. A ce moment-là, les températures commencent à descendre, nous nous recouvrons pour continuer notre ascension.


Du premier au deuxième ravitaillement

Nous continuons à monter et cela jusqu’au troisième ravitaillement soit 1200 mètres de dénivelé sur une dizaine de kilomètres.

Sur cette partie, le terrain commence à devenir technique. Les chemins sont plus étroits, nous entamons des parcelles avec de gros rochers sur lesquels il faut trouver des appuis et ce n’est pas toujours évident. Julie se la joue en mode spiderman c’est-à-dire qu’elle s’accroupie pour s’accrocher aux rochers avec les mains tout en continuant à avancer, c’est une technique assez personnelle, pas des plus rapide mais plus sûre niveau équilibre.

Quant à Alex, il trottine sur les rochers avec une aisance déconcertante ! Ça aide d’avoir passé son enfance dans les Alpes.

Sur cette portion, nous laissons passer de nombreux runners rouge qui eux ont pris le départ une heure avant nous et en sont à la moitié du parcours soit une quinzaine de kilomètres avec un terrain très très accidenté quasiment de l’escalade à 3000 mètres de haut.

Ce deuxième ravitaillement est situé à côté d’un refuge, nous remplissons nos gourdes, nous mangeons bretzels et quartiers d’orange avant de repartir.

A ce moment-là, Alex prévoit d’arriver au prochain ravitaillement d’ici une heure, chouette nous ne devrions finir assez rapidement le trail alors. Sauf que le reste du parcours était bien plus complexe.


Du deuxième au troisième ravitaillement

Plus nous montons et plus le temps se gâte. Pluie puis grêle qui nous pique le visage et enfin de la neige. Et oui, nous sommes quand même à 2600 mètres de haut, il fallait s’y attendre mais débutant comme nous sommes en haute altitude, nous n’avions pas tilté. Heureusement que nous étions bien couverts mais Alexandre avait tout de même froid parce qu’il était souvent en train d’attendre Julie donc pas le choix il fallait avancer pour ne pas être en hypothermie.

Alex avait été un peu optimiste en pensant qu’on ne mettrait qu’une heure pour aller du 7ème kilomètre au 12ème, nous étions plutôt sur du 20 à 30 minutes par kilomètre… Oui, c’était long et éprouvant. Nous avons affronté la neige, les gros rochers avec de la neige, des pentes raides et enneigées, nous marchions même sur la neige alors que nous n’avions pas les accessoires pour, heureusement que Julie avait ses bâtons pour s’aider à trouver des appuis. Nous pensons même qu’à certains endroits la neige avait créer des sortes de ponts naturels c’est-à-dire qu’il y avait les rochers puis une couche de neige avec potentiellement de la neige fondue entre les deux… Heureusement que Julie n’a su ça qu’à la fin sinon pas sûre qu’elle serait passée.

C’est dans cette portion du parcours que nous avons vraiment ressenti la différence, la montagne tout comme la mer, ça ne rigole pas !

De loin, nous voyons le refuge, nous avions hâte d’y arriver pour reprendre nos esprits, des forces et boire une boisson chaude.

Au final, nous n’avons pas mis 1h mais 2h15 pour traverser ces 5km dans ce micro-climat hivernal.


Du troisième à l’arrivée

En arrivant au refuge, Julie n’était pas très bien, plus psychologiquement que physiquement d’ailleurs. C’était un peu trop pour elle (la jeune fille de la campagne !) entre les rochers à passer, la neige, les pentes raides avec la possibilité de chuter de 500 voire 1000 mètres de haut. Le niveau de peur était aussi élevé voire plus que lorsque l’on avait descendu le Mont-Blanc en plein orage…(C'est l'un des prmiers articles sur notre blog "Notre Dame de Bellecombe").

C'est à peine arrivée au refuge que l’un des bénévoles a rassuré Julie en lui disant que le reste du parcours serait beaucoup plus facile, que le plus dur était derrière nous. Mine de rien, cette phrase a fait un bien fou, elle a permis à Julie de retrouver confiance pour continuer.

Il avait raison, le chemin était plus simple mais pas si simple que nous aurions voulu. Nous devions encore passer des petits ponts au-dessus de cascades, descendre les pieds dans l’eau entre rochers et boue, dommage que le terrain n’était pas top pour courir, certains trailers qui nous dépassaient, trottinaient mais nous en avions plein les pattes après plus de 4h de course.

Nous avons alterné course et marche dynamique pour rejoindre la ligne d’arrivée. Plus nous avançons et plus nous voyons le barrage se rapprocher.

17km à la montre et toujours pas la ligne d’arrivée… Nous checkons le timing afin de voir si nous sommes toujours dans les temps par rapport à la barrière horaire, c’est good par contre, nous ne devons pas traîner.

Nous continuons à descendre, nous ne voyons plus de coureurs, on se dit qu’on est peut-être les derniers, tant pis, nous ne comptions pas faire un podium de toutes façons !

Nous entendons le présentateur au micro, nous savons que c’est la fin alors nous accélérons le pas, les derniers efforts à fournir avant de franchir cette ligne d’arrivée.

Cette fois, nous courons main dans la main, c’est agréable qu’il y ait encore des supporters 5h après le départ. On nous encourage, ça nous donne encore plus la patate pour le sprint final sur cet immense barrage.

Alex court bien trop vite, Julie fait des pas de géants pour garder le rythme, il devait avoir envie d’en finir vite !


Immédiatement après la finish-line, nous recevons la médaille et c’est à ce moment que nous nous apercevons que c’était les deux dernières. Ahah, il fallait bien qu’on finisse dernier au moins une fois dans notre vie ! C’est drôle parce qu’en trail, on se moque du chrono, être dernier ou premier, peu importe, le principal c’est d’avoir profité de la vue et de l’expérience physique.

Nous sommes heureux d’avoir fini à temps, en 5h34. C’était une expérience incroyable certes difficile mais qui marquera d’autant plus notre voyage.

Les points positifs et négatifs de la course :

+ : le cadre incroyable

+ : les formats proposés (17km avec 1200 de D+ et 33km avec 3000 de D+)

+ : l'organisation (briefing, pasta party, application de secours...)

+ : le bénévoles présents tout au long du parcours pour check

- : les ravitaillements pas assez garnis et pas à l'abri même sous la neige à 2600 mètres

- : manque d'indications en anglais

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Qui sommes-nous ?

Un jeune couple, Julie et Alexandre qui ont décidé de découvrir l'Europe en courant. De Paris jusqu'à Bucarest en passant par l'Italie et les Pays-Bas.

 

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